La coassurance et la réassurance sont deux mécanismes de division des risques fréquemment évoqués ensemble, et tout aussi fréquemment confondus. Elles poursuivent un objectif commun, répartir la charge d'un risque pour préserver l'équilibre financier des assureurs, mais elles diffèrent radicalement par leurs acteurs, leur moment d'intervention et leurs effets vis-à-vis de l'assuré.
La coassurance : un partage initial et visible
La coassurance intervient dès la conclusion du contrat. Plusieurs assureurs se répartissent un même risque, chacun prenant une quote-part déterminée et assumant une part équivalente de la prime et des prestations. Tous les coassureurs sont contractuellement liés à l'assuré. Ce dernier connaît, en principe, l'identité des participants et la part de chacun, même si un apériteur centralise la gestion. La répartition est donc immédiate et transparente.
L'objectif de la coassurance est de rendre assurable un risque dont l'ampleur dépasse la capacité d'un assureur isolé : projets industriels majeurs, immeubles de grande valeur, infrastructures, flottes de transport. La charge est éclatée horizontalement entre plusieurs porteurs, dès l'origine.
La réassurance : un transfert postérieur et invisible
La réassurance, définie à l'article L. 310-1-1 du Code des assurances, intervient en aval de la souscription. Un assureur, dit cédant, transfère tout ou partie du risque qu'il a déjà souscrit à un ou plusieurs réassureurs, en contrepartie d'une cession de prime. L'opération ne modifie en rien le lien contractuel entre l'assuré et son assureur d'origine.
L'assuré n'a aucune relation avec le réassureur. Il traite uniquement avec son assureur principal, qui reste son seul interlocuteur et son seul débiteur en cas de sinistre. La réassurance se joue entre professionnels, à l'abri du regard de l'assuré. En cas de sinistre, c'est l'assureur principal qui indemnise, puis se fait rembourser par son réassureur selon les termes du traité.
La réassurance peut être proportionnelle, le réassureur prenant une part fixe du risque et des primes, ou non proportionnelle, le réassureur n'intervenant qu'au-delà d'un certain seuil de sinistre. Les réassureurs peuvent eux-mêmes céder une partie de leurs engagements : c'est la rétrocession, qui prolonge la chaîne de partage du risque.
Tableau comparatif
Coassurance vs réassurance en un coup d'œil
- Risque partagé : en coassurance, entre plusieurs assureurs ; en réassurance, entre un assureur principal et un réassureur.
- Moment : la coassurance opère dès la souscription ; la réassurance intervient après celle-ci.
- Relation avec l'assuré : en coassurance, tous les coassureurs sont liés à l'assuré ; en réassurance, l'assuré ne traite qu'avec son assureur principal.
- Objectif : la coassurance répartit les responsabilités pour rendre le risque assurable ; la réassurance protège l'assureur contre les sinistres exceptionnels et étend sa capacité de souscription.
Deux mécanismes complémentaires
Coassurance et réassurance ne s'excluent pas : elles se cumulent souvent. Un risque majeur peut être réparti entre plusieurs coassureurs, et chacun d'eux peut à son tour réassurer sa propre quote-part. La première organise le partage entre assureurs face à l'assuré ; la seconde sécurise chaque assureur en arrière-plan. Ensemble, elles forment l'ossature de la gestion des grands risques.
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