Les collectivités territoriales et les établissements publics gèrent des patrimoines considérables : bâtiments administratifs, équipements scolaires, infrastructures, réseaux, ouvrages d'art. Assurer ces ensembles relève d'un défi technique, car les capitaux en jeu et la diversité des risques excèdent souvent ce qu'un assureur unique accepterait de garantir. La coassurance constitue, dans ce contexte, un outil particulièrement adapté.

Pourquoi la coassurance dans la sphère publique

Le secteur public présente des caractéristiques qui appellent naturellement le partage du risque. Les montants à couvrir sont élevés, les risques variés, et les exigences de continuité du service public imposent une protection robuste. En répartissant la charge entre plusieurs compagnies, la coassurance permet d'assurer des biens et des infrastructures que peu d'assureurs pourraient porter seuls. Elle mutualise les ressources des assureurs au service d'une couverture complète, même pour des projets coûteux et complexes.

Une commune, par exemple, peut souscrire une coassurance sur l'ensemble de ses biens, en associant plusieurs partenaires assureurs. Le risque est ainsi fractionné, et chaque compagnie n'engage qu'une quote-part maîtrisée.

Flexibilité dans les appels d'offres

La coassurance offre aux acheteurs publics une souplesse précieuse dans le cadre des procédures de marché. Les collectivités peuvent retenir des assureurs spécialisés selon les besoins spécifiques de chaque lot ou de chaque catégorie de risque. Cette modularité améliore la qualité et l'adéquation des garanties proposées, en associant des compétences complémentaires plutôt qu'en dépendant d'un opérateur unique. Elle élargit également le vivier de candidats capables de répondre, en permettant à des assureurs de taille moyenne de participer à hauteur de leur capacité.

Les points de vigilance

La coassurance dans les marchés publics n'est pas exempte de contraintes. La coordination entre coassureurs et acheteurs publics est déterminante. Un défaut de coordination peut engendrer des désaccords administratifs susceptibles de retarder la gestion du contrat, ou des complications dans l'exécution des obligations contractuelles. La transparence est ici une exigence renforcée, compte tenu des règles propres à la commande publique et du contrôle exercé sur l'emploi des fonds publics.

Une gestion efficace est donc nécessaire pour maintenir cette transparence et garantir une répartition équitable des responsabilités entre les participants. La désignation d'un apériteur, interlocuteur unique de la collectivité, joue ici un rôle central : elle simplifie la relation contractuelle et clarifie les circuits de décision et de règlement. Encore faut-il que le périmètre de son mandat soit clairement défini dans les pièces du marché.

Des domaines d'application étendus

Les usages publics de la coassurance sont nombreux. Elle couvre les patrimoines bâtis des collectivités, mais aussi les grandes infrastructures : ponts, barrages, centrales énergétiques, réseaux de transport. Pour ces ouvrages critiques, dont les montants d'assurance sont très élevés, la coassurance permet de mobiliser plusieurs assureurs et d'offrir une couverture proportionnée aux risques majeurs encourus. Elle s'étend également à la sécurisation d'événements publics d'envergure, festivals ou grandes manifestations, dont les enjeux logistiques et financiers justifient une mutualisation.

Ce qu'il faut retenir

Un levier de protection du patrimoine collectif

En définitive, la coassurance offre aux acteurs publics un moyen de protéger efficacement un patrimoine d'intérêt général tout en répartissant équitablement les responsabilités financières. À condition d'une coordination rigoureuse et d'un cadre contractuel transparent, elle conjugue robustesse de la couverture et bonne gestion des deniers publics.

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